Après un vote unanime de l’Assemblée Nationale, le Sénat est saisi du texte sur le funéraire en deuxième lecture le 11 décembre.
Les députés ont largement amendé le texte adopté en première lecture au Sénat. Disparaissent notamment les commission départemantales, les devis-types et les schémas directeurs des crématoriums. En revanche, on voit apparaître une nomenclature obligatoire des devis établis par les entreprises, une réévaluation obligatoire des montants garantis des contrats d’obsèques ainsi qu’une certaine réglementation des cimetières.
Sur la question centrale du statut des cendres, les deux assemblées sont d’accord sur le fond : les cendres abandonnent leur statut de simple chose. Disparaitront ainsi les pratiques douteuses comme le partage des cendres ou l’accaparement par une seule personne au détriment des autres.
Les sénateurs pourraient encore améliorer nettement le texte en considérant la question des crématoriums. N’oublions pas que le sondage IPSOS paru à la Toussaint (http://www.servicesfuneraires.fr/actualite.php) montre que seuls 14% des Français se déclarent pratiquants et que 40% d’entre eux se considèrent comme athées ou non-croyants. Pour beaucoup, le crématorium est le seul lieu de crémonie qu’ils auront.
D’aucuns arguent qu’un schéma régional serait contraire à la libre disposition des collectivités territoriales que sont les communes. Mais cela est méconnaître la réalité de terrain. La majorité des crématoriums sont actuellement construits par des entrepreneurs privés ayant reçu délégation d’une commune. Il est très facile pour un entrepreneur de pompes funèbres de convaincre le Maire d’une petite commune, située en périphérie d’une zone urbaine, qu’un tel équipement va apporter une manne financière au travers de la taxe professionnelle. Mais, imaginons qu’un autre équipement se construise à proximité ou que l’entrepreneur se soit trompé dans ses prévisions financières et que le crématorium ne soit plus rentable. Alors la commune va être obligée de reprendre en gestion l’équipement à la place de l’entrepreneur défaillant et les rêves de taxe professionnelle vont se transformer en cauchemar d’un déficit abyssal. Cela n’est pas de la spéculation : à cause d’une rivalité entre deux maires et deux entrepreneurs, deux crématoriums ont été construits à Roanne et à Mably, deux communes contiguës, alors que certains départements n’ont même pas de crématorium.
Par ailleurs, à vouloir créer une concurrence exacerbée, on va tirer la qualité des locaux et de l’accueil vers le bas, alors que l’on a besoin avant tout de dignité et de qualité dans l’accompagnement. Oui décidément, il faut un schéma régional afin que les équipements créés soient de qualité. Les cérémonies d’obsèques des croyants se célèbrent dans de superbes églises construites autrefois par la collectivité (à l’époque où la collectivité religieuse se confondait avec la collectivité laïque). Pourquoi les crématoriums, qui sont souvent les seuls lieux de cérémonies pour les non-croyants, ne seraient-ils pas aussi dignes ?
Dans l’hypothèse où le schéma directeur prévu par la proposition de loi Sueur ne pourrait être rétable, il pourrait être proposé l’amendement suivant :
A la fin de l’article L2223-40 dont la rédaction est la suivante :
« Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale sont seuls compétents pour créer et gérer, directement ou par voie de gestion déléguée, les crématoriums et les sites cinéraires destinés au dépôt ou à l’inhumation des urnes ou à la dispersion des cendres.
Les sites cinéraires inclus dans le périmètre d’un cimetière doivent être gérés directement.
Toute création ou extension des crématoriums ne peut avoir lieu sans l’autorisation préalable du représentant de l’État dans le département, accordée après enquête publique conduite selon les modalités prévues aux articles L. 123-1 à L. 123-16 du code de l’environnement et avis de la commission départementale compétente en matière d’environnement, de risques sanitaires et technologiques. »
Il pourrait être rajouté :
« Cette autorisation est donnée en veillant à ce que le nouvel équipement ne vienne pas perturber l’équilibre économique des établissements existants de même type, tel qu’il a été prévu au moment de leur création. »
novembre 28th, 2008
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Article publié dans l’ouvrage collectif rédigé sous la direction de Michel Hanus “La mort d’un parent” paru en 2008 aux éditions Vuibert, collection Espace éthique
« Enterrer son père, c’est un événement important dans la vie d’un homme. Moi, cela ne me fit presque rien. Et c’est cela surtout qui me marqua.
Je devais avoir l’air très troublé, à l’église, au cimetière, et les apparences, d’une certaine manière étaient sauves. Mais ce qui me troublait, ce qui me blessait, c’était la misère de cet enterrement vide et froid, l’absence palpable d’amour et même de véritable déchirement. Le prêtre priait pour un paroissien qu’il n’avait jamais vu, une âme abstraite et le symbole noir du cercueil.
Dans l’église il y avait surtout des chaises.
Nous étions douze, en comptant les trois croque-morts et le curé. »
Grégoire Polet – Excusez les fautes du copiste – nrf Gallimard
Le décès d’un parent est forcément un bouleversement en ce qu’il place les enfants « en première ligne » vis-à-vis de la mort : tant que l’on a un parent vivant, celui-ci joue en quelque sorte un rôle de protecteur, c’est lui qu’elle touchera en premier. C’est également une étape fondamentale de la vie d’un homme ou d’une femme, qui change ainsi de statut au sein de sa famille en devenant un ancien. Que ce soit un événement sur le plan psychologique et social est donc une évidence. Cependant, pour le professionnel du funéraire que je suis, la mort d’un parent est « l’ordre de choses ». Comment en faire ressortir les caractéristiques et les particularités alors que c’est la norme pour nous ? On n’enterre presque plus ses enfants avec le recul de la mortalité infantile et, si l’on enterre encore son conjoint une fois sur deux, ce sont le plus souvent les enfants qui ont alors la main sur l’organisation des obsèques.
Le professionnel des services funéraires a donc comme interlocuteur, dans la très grande majorité des cas, des enfants qui s’occupent des obsèques de leur parent.
Cela n’a pas toujours été le cas. La mort a beaucoup changé en ce début du vingt-et-unième siècle et l’on peut parler d’une véritable « Révolution de la mort ». Révolution dans les mœurs, dans le rapport de la société et des personnes à la mort, dans le traitement social de celle-ci, mais aussi révolution dans les faits.
D’abord, la mortalité infantile a, heureusement, été presque éradiquée. Si la mère du dix-huitième siècle voyait un sur trois de ses enfants mourir avant l’âge de un an, s’il y a à peine cinquante ans, c’était encore le cas pour un enfant sur vingt, la médecine a fait de tels progrès que la mortalité infantile est tombée à moins de 0,4%. La rareté même des morts d’enfants rend d’ailleurs celles-ci d’autant plus douloureuses.
Ensuite, on meurt beaucoup plus vieux : rappelons-nous que l’espérance de vie était de 25 ans à peine il y a encore deux siècles ; elle atteignait tout juste 30 ans en 1870, 45 ans en 1900. Dans les cinquante dernières années, nous avons gagné chaque année un trimestre d’espérance de vie. Elle s’établit à 80 ans en moyenne. Cela signifie que les enfants qui organisent les obsèques de leurs parents sont eux-mêmes devenus ce que le publicitaire moderne appelle des « seniors ».
Et ce n’est pas sans conséquence dans leurs attitudes. Lorsque l’on est encore un jeune adulte, la mort n’est presque jamais un sujet de préoccupation central. C’est même souvent un sujet carrément occulté comme le démontre le tabou qui subsiste sur la mort dans notre société. Nous évoquons bien ici la « vraie » mort, pas celle des fictions et des jeux vidéos, ni même celle des célébrités ou des crimes et catastrophes qui, elles, sont surmédiatisées. Lorsque ce jeune adulte est confronté à la mort d’un proche, et plus encore de l’un de ses parents, celle-ci fait irruption de la façon la plus brutale dans sa vie. Mais une personne de 70 ans qui va s’occuper du décès de sa mère de 95 ans n’aura pas la même attitude : elle a elle-même déjà été confrontée à la mort de membres de sa famille, elle a forcément été sollicitée par des publicités proposant des contrats pour ses propres obsèques, elle a réfléchi à la mort et l’a envisagée, sinon pour elle-même, au moins sûrement pour ce parent si âgé. La mort du parent est donc en quelque sorte préparée. Même si le moment exact où elle survient est encore souvent une surprise (mais plus toujours), sa survenue elle-même n’en est pas une.
Enfin, la mort a changé de nature. En 1925, on mourrait deux fois plus souvent de maladies infectieuses que de cancer. Un virus ou une bactérie survenait, l’ensemble d’une famille tombait malade et un membre d’entre elle ne résistait pas et mourrait. Mais c’était mourir de la maladie qui avait frappé les autres, en quelque sorte une maladie collective. Maintenant, on meurt quarante fois plus d’un cancer que d’une maladie infectieuse. C’est une mort très lente, d’une maladie individuelle, d’une cause qui ronge la personne de l’intérieur, qui ne se voit pas. Et puis, il y a les maladies dégénératives, les démences séniles, les Alzheimer, les pertes progressives de conscience sociale. La mort ne survient pas du fait d’une cause commune qui épargne la majorité ; elle provient la plupart du temps d’une cause individuelle, inquiétante et terrible.
La mort d’un parent, à notre époque, est une mort qui nous touche alors que l’on a soi-même commencé à rentrer dans les prémices de la vieillesse ; c’est une mort qui survient après une lente agonie du défunt, voire très longtemps après sa mort sociale. Le rapport à la mort d’un parent a fondamentalement changé au regard de ce qu’elle représentait il y a peu.
Ceci n’est pas sans conséquence sur les comportements : notre fond culturel, celui que l’on a acquis au travers des traditions familiales, de nos lectures, nous présente le plus souvent la mort de nos parents comme quelque chose de soudain, dramatique ; comme une perte brutale. Rappelons-nous l’emphase du début du vingtième siècle qui donnait des épitaphes comme celles que recueille André Chabot pour ses livres : « D’un père regretté la mortelle poussière / Repose en paix sous cette terre / De la fille éplorée il était tout l’amour / Son chagrin durera jusqu’au dernier jour. »
Le terrible chagrin des enfants n’est plus une réalité dans la majorité des cas. Lorsque la mort a lieu au terme d’une « longue maladie », elle survient à la suite d’une agonie qui a duré parfois des mois ; l’entourage est prévenu du caractère inéluctable du dénouement; il apprivoise la mort et le processus du deuil commence largement avant le moment du décès. Lorsque la mort a lieu à la suite d’un séjour très long en institution, les liens se sont la plupart du temps distendus, et ce d’autant plus facilement que les processus dégénératifs ont fait plus profondément leur œuvre : perte de l’audition, de la mémoire, de l’empathie, perte totale de la communication parfois. Une mort sociale se produit alors bien en amont de la mort physique. Le deuil du lien affectif se met en place largement avant celui qui est lié au décès lui-même.
On pourrait d’ailleurs s’interroger sur cette société moderne dans laquelle la mort d’un proche devient ainsi, si souvent, en quelque sorte un soulagement. C’est une question que nous devons nous poser car toutes nos références culturelles sont aux antipodes de ce que ressentent beaucoup de gens lors de la mort de l’un de leur parent. Ils devraient pleurer, être bouleversés et aucune larme ne vient, aucun vrai tremblement de leur âme. Comment ne pas se sentir coupable quelque part. Il faudrait pour le moins que cette situation soit explorée, vulgarisée, afin que son caractère « normal » puisse être ressenti comme tel.
Dans ces conditions, l’organisation des obsèques et les obsèques elles-mêmes prennent naturellement une tournure vraiment différente de l’organisation traditionnelle. On n’hésitera pas à faire établir plusieurs devis dans des entreprises de pompes funèbres différentes, on discutera les prix. Et la simplicité de l’hommage rendu pourra parfois confiner au dénuement : le cercueil en sapin le plus simple, ni fleurs, ni couronnes, pas de cérémonie parfois et une assistance d’autant plus clairsemée que le défunt a vu ses contemporains partir avant lui. Bien sûr, tout dépend de la pression sociale : il est des cultures dans lesquelles la cérémonie pour la mort d’un parent ne peut se faire sans une certaine pompe. Mais pas forcément dans les milieux favorisés : moins on a à prouver, moins on se sent d’obligations.
Parfois, c’est une sorte de nostalgie qui prévaut. Ce n’est pas seulement le parent qui disparait mais l’ancêtre, le patriarche, le ciment d’un groupe humain fait de cousins, de petits cousins. C’était parfois le seul lien entre des branches de la famille qui ont autant divergé entre elles qu’elles sont éloignées géographiquement. Comme ces enfants qui enterraient leur mère et qui se posaient la question, au moment de décider du lieu de sépulture, dans un petit village de la Creuse : « va-t-on encore retourner à N. là où il y avait la maison familiale maintenant que maman ne sera plus là ? » C’était le point d’ancrage, le lien entre des branches de la famille qui se sont dispersées dans toute la France. Tout un pan d’une histoire disparaît : les odeurs de foin des vacances à la campagne, les bassines à confiture, les cousins et les camarades… Alors on pleure autant sur soi-même que sur le disparu. Et, lorsque l’on se retrouve, à l’issue de la cérémonie, vient le temps du partage avec la fratrie et le reste de la famille : le repas de funérailles ou même le simple « café brioche » qui va permettre, un instant, de renouer ces liens si forts issus du partage de ces moments de jeunesse.
Dans d’autres circonstances, lorsqu’elle survient brusquement, la mort d’un parent est un traumatisme immédiat. Tant de choses restaient à se dire, tant de malentendus à lever, tant de regrets à exprimer, des mots d’amour, des mots d’excuse, des mots durs parfois… Alors, les obsèques pourront être l’occasion de tenter de rattraper tout cela. Et l’investissement dans la cérémonie sera d’autant plus grand. Chaque parole, chaque geste, chaque phase va être réfléchie, pesée. On va y mettre « ce qu’il faut » pour rattraper ce temps qui vient de s’évanouir.
Et puis, si la mort d’un parent survient tôt, on est jeune alors, trop jeune pour avoir vu beaucoup d’obsèques. Outre le choc psychologique, on est désemparé par tous les aspects matériels et organisationnels. Et on l’est d’autant plus que la mort se cache dans notre société moderne et que l’on a perdu ce savoir collectif qui nous faisait prendre instinctivement les bonnes décisions. Que nous dit ce savoir collectif lorsqu’il s’agit d’organiser une cérémonie civile suivie d’une crémation ? Nous n’avons pas franchement de repères.
Jadis la cérémonie était toujours religieuse et la crémation était, il y a encore à peine une génération, réservée à des militants laïcs qui représentaient à peine un demi pour cent de la population. Avec l’éclatement des cellules familiales, l’anonymat des grandes villes, il n’y a plus les références, ni même les référents, ces anciens qui nous disaient comment faire ce qui se faisait depuis des générations. Les gestes traditionnels de la toilette, de l’habillement, de l’accompagnement sont effectués par des professionnels anonymes. La mort, comme tant d’autres aspects de la vie, est devenue affaire de spécialistes. Et comme on ne parle pas de ce sujet en société tout le savoir collectif ancien s’est évanoui.
Mais les besoins humains fondamentaux d’accomplir des rites n’ont, eux, pas disparu. Il faut que les enfants qui sont sous le choc d’avoir perdu un parent sachent demander à ces spécialistes, parfois pressés, de « laisser du temps au temps », de les laisser veiller et dire adieu, de les aider à organiser une cérémonie au cours de laquelle ils vont pouvoir « faire ce qui doit être fait ». Il est, certes, beaucoup plus rentable pour les professionnels des pompes funèbres de vendre un beau cercueil que d’organiser ces moments-là. Il appartient aux familles d’exiger ces services.
Même si il n’y a pas de cérémonie religieuse, il est possible d’organiser un dernier hommage laïc, dans une salle du funérarium – bien qu’il n’y en ait malheureusement pas toujours – au crématorium sûrement, mais aussi au cimetière et, si le temps ne s’y prête pas, dans une salle demandée à la Mairie. De plus en plus de professionnels sont capables d’animer une telle cérémonie au cours de laquelle, les personnes présentes vont pouvoir écouter des morceaux de musique, lire des textes et également communiquer par le silence pendant les plages de recueillement.
L’organisation des obsèques est souvent une affaire collective : les enfants qui se rendent dans l’agence de pompes funèbres viennent le plus souvent à plusieurs. Lorsqu’un parent subsiste, il est fréquent que les enfants l’accompagnent. Et ce sont alors eux les vrais référents : si le parent donne son avis, si c’est son carnet de chèque qui va servir, ce sont les enfants qui décident vraiment : le conjoint est trop sous le choc et puis, le décès du parent a fait en quelque sorte « grandir » les enfants : ils se sentent une responsabilité nouvelle. Le conjoint survivant va parler de lui, du défunt, avec émotion souvent. En contrepoint, les enfants vont se contrôler. Même s’ils peuvent avoir de la peine, ils sauront être efficaces, prendre les décisions.
Lorsque les parents ne sont plus là, le règlement des obsèques exacerbe souvent le caractère des enfants : il n’est pas rare d’assister à des conflits, dont on sent qu’ils étaient larvés depuis longtemps. Parfois, ce n’est pas directement apparent, comme cette femme qui, quelques heures après l’entretien avec le conseiller funéraire, revient le voir en lui expliquant que sa sœur est « terriblement autoritaire » et lui demande s’il n’y a pas des variantes possibles…
La question des dernières volontés apparaît alors parfois avec toute son acuité : par exemple entre ceux qui se souviennent que leur parent avait exprimé le désir d’être crématisé et ceux qui refusent cette solution, par conviction ou sentiment personnel. Lorsque la famille est unie, la question est réglée par le leadership de la fratrie. Lorsqu’il y a des enfants de plusieurs lits et que des tensions existent, la situation est beaucoup plus compliquée.
D’autant que l’argent – qu’il faut bien évoquer lorsque l’on organise les funérailles ; elles ne sont pas gratuites loin de là – est une question qui dépasse rapidement l’aspect pécuniaire. Que « vaut » l’affection que chacun des enfants portait à son parent ? Comment va se traduire financièrement l’hommage à ce parent disparu ? Ou au contraire le non hommage ? Que voudra dire à l’entourage l’argent que l’on va y mettre ? De quel poids va être la pression sociale ou la tradition culturelle ou familiale ?
Dans certains cas, les scories de l’histoire familiale aboutissent à un acte volontairement provocateur comme cette fille qui organise pour son père le convoi le plus simple et le moins cher en expliquant au conseiller funéraire qu’« elle fait ce qu’il faut, mais surtout pas plus. » Et le jour des obsèques, elle ne se présente pas, le défunt part seul avec les porteurs. Quelle souffrance passée est encore présente derrière cet acte ?
Un très beau documentaire de Danièle Alet sur « Les oubliés de la canicule » qui sortit en septembre 2004 sur France 3 dans le cadre de l’émission « La vie est un roman » nous montre comment certaines histoires familiales vont amener à des conflits, des ruptures et des oublis que même la mort ne pourra rattraper.
Chaque cas de figure va être particulier ; chaque famille, chaque défunt est différent, c’est là l’immense richesse du métier de conseiller funéraire.
Devant le risque que la cérémonie finale soit réduite à sa plus simple expression par leurs enfants, les personnes âgées prennent de plus en plus à leur compte le financement, voire l’organisation complète des obsèques. Bien sûr, les publicitaires qui travaillent pour les compagnies d’assurance argumentent sur l’aspect altruiste de cette démarche : « pour ne pas leur laisser le poids de l’organisation, pour que vos enfants n’aient pas de souci » etc. Mais sur le fond, l’objectif visé est bien souvent le respect par les enfants des dernières volontés du parent. « Souscrivez et vous serez assurés que vous aurez bien une dernière messe » ! Une dame avait même prévu, lors de la définition de son contrat pour ses propres obsèques, une couronne avec un bandeau « regrets éternels ». Pour qui ?
Le système des contrats d’obsèques, qui est présenté comme assurant toutes les garanties, n’est pas toujours fiable d’ailleurs pour préserver les dernières volontés. De nombreux contrats de prévoyance, dont les publicités hantent les magazines de télévision, sous des formulations trompeuses qui incluent les mots « obsèques » ou « funérailles », ne prévoient en réalité que le seul versement d’un capital. C’est ainsi que nous avons vu deux sœurs bénéficier de ce capital (pour partir en vacances vers une destination ensoleillée ?) sans accepter de le consacrer aux obsèques, alors que le compagnon de leur mère qui venait de mourir avait toutes les peines du monde à rassembler les sommes nécessaires pour rendre un dernier hommage à la pauvre défunte. La brouille familiale avait primé sur le devoir d’Antigone. Les risques sont moindres, en revanche, pour ce qui concerne les contrats d’obsèques souscrits auprès des entreprises de pompes funèbres : celles-ci deviennent mandataires des dernières volontés du souscripteur et seraient, en cas de manquement, exposées à de lourdes peines.
De manière générale, les contrats d’obsèques ont, pour les enfants, un caractère ambigu. Ils sont éventuellement un soulagement sur le plan financier. Mais de multiples formules permettent de répondre à cette préoccupation, à commencer par le prélèvement sur le compte du défunt, toujours autorisé pour les obsèques. Et les placements financiers des contrats d’obsèques sont rarement aussi performants que le sont les placements purement financiers sur des supports banalisés offerts par les banques.
Pour les enfants, le soulagement que procurerait le fait que tout est organisé à l’avance est discutable dans certains cas. Ces contrats qui fixent tout ont pour effet de les déposséder de certains choix et d’un investissement qui peut être bénéfique. Les questions d’organisation, si elles sont contraignantes, ont aussi pour effet d’occuper l’esprit, de permettre de s’investir et de donner. Après tout, s’occuper des funérailles est un devoir ancestral qui est dans la normalité. Que ses parents aient tout prévu jusque dans les plus petits détails peut être ressenti comme une marque de méfiance qui peut blesser : comme s’Ils n’avaient pas confiance dans leurs propres enfants… Et parfois, quelle n’est pas leur surprise en découvrant certaines dernières volontés dont leurs parents ne leur avaient jamais parlé.
Les formules dites « packagées » proposées par certains organismes financiers : trois formules au choix, standard, améliorée ou luxe, qui visent les « jeunes seniors » ne sont pas non plus une bonne solution. Il y a effectivement de la latitude pour les enfants, mais ces contrats, signés sans l’expertise d’un conseiller funéraire, ne seront pas toujours réalisables comme le souscripteur le croyait, surtout vingt ou vingt-cinq ans après puisque ce sont les cinquantenaires ou les soixantenaires qui sont visés.
Les contrats d’obsèques peuvent être une bonne solution pour un parent qui a effectivement envie de « décharger ses proches de ces ennuis », mais ceci à condition d’avoir été élaborés avec un conseiller funéraire qui va expliquer au souscripteur la nécessité de laisser des plages d’initiative pour les enfants et, surtout leur faire comprendre, qu’il est nécessaire d’en parler avec eux afin qu’ils n’y voient pas une marque de défiance mais un geste d’amour. Et puis, si le souscripteur a opté pour des choix qui peuvent susciter discussion : la crémation, l’interdiction d’une cérémonie religieuse ou l’enterrement dans le village natal loin des enfants, il va falloir l’expliquer, en discuter, faire comprendre afin que ce ne soit pas la mauvaise surprise que l’on découvre en ouvrant l’enveloppe « en cas de décès ».
Lorsque les enfants sont libres d’organiser les obsèques, cela sera l’occasion pour eux d’effectuer un acte public – les obsèques sont destinées à toute une assistance – en même temps qu’un acte intime : rendre hommage, dire un dernier mot. Il va falloir arbitrer entre les convenances, la prise en compte des autres, et ce qu’on a envie de faire « pour soi ».
Nous avons vu que les conventions peuvent être réduites au strict minimum lorsque l’âge, l’état de santé du défunt, les relations familiales compliquées ou les conditions de sa mort amènent à ce que les obsèques deviennent un épilogue obligé. Mais, dans encore – heureusement – un bon nombre de cas, le décès d’un parent est un événement devant lequel une émotion sincère et forte se dégage.
La mort d’un parent fait remonter les émotions de l’enfance avec la nostalgie et les regrets : regrets de ne pas avoir dit, de ne pas avoir fait. Ce n’est pas pour rien que l’une des chansons les plus choisies pour rendre hommage à un père soit « Mon vieux » chantée par Daniel Guichard. Les trois dernières strophes sont particulièrement évocatrices de ce qui peut passer comme sentiment :
« J’aurais pu c’était pas malin
Faire avec lui un bout d’chemin
Ça l’aurait p’t'-êt’ rendu heureux
Mon vieux.
Mais quand on a juste quinze ans
On n’a pas le cœur assez grand
Pour y loger tout’s ces chos’s-là
Tu vois.
Maintenant qu’il est loin d’ici
En pensant à tout ça, j’me dis
“J’aim’rais bien qu’il soit près de moi”
PAPA… »
Les obsèques sont alors le grand rattrapage des occasions manquées. Ce sont des moments où l’on peut voir des hommes d’âge mûr, les larmes dans les yeux, prononcer en public, en s’adressant au cercueil, des « je t’aime maman » des « Papa, je ne te l’ai jamais dit mais… » tous ces mots que jamais ils n’avaient pu prononcer en face à face du vivant de leur parent.
La personnalisation de la cérémonie joue un rôle majeur pour dire ces mots-là, mais aussi pour ancrer le décès du parent dans l’histoire de la famille. Les hommages, les discours, permettent aux enfants, aux petits enfants, aux cousins de se rappeler les histoires familiales. Les photos, les objets évoquant le disparu, le panier à champignons et le grattoir, les bottes et la canne à pèche, les aquarelles qu’il peignait vont évoquer le défunt pour mieux s’en séparer.
Laisser venir l’émotion en évoquant le disparu, est important pour permettre le processus de séparation ultérieur. C’est l’un des rares moments de la vie où les hommes s’autorisent à pleurer. Un conseiller funéraire me rapportait cette anecdote d’un homme qui s’était éloigné derrière un petit taillis pour laisser couler une larme à l’occasion de l’enterrement de son père ; et le jeune fils de cet homme de lui dire « mais tu pleures ? Je ne savais pas qu’un homme ça pleurait ». Exprimer ce que l’on a à dire, le cas échéant à haute voix, est non moins essentiel pour se sentir plus tard « en paix avec soi-même ».
La possibilité pour les enfants de participer à l’organisation du dernier hommage est importante. Cela est toujours possible lors de cérémonies civiles ; il ne faut jamais hésiter à le demander à l’entreprise de pompes funèbres et s’impliquer dans la préparation. Cela n’est pas toujours possible lors d’obsèques religieuses et dépend fortement des convictions personnelles et de l’implication de l’officiant.
Parfois, c’est l’existence d’un contrat de prévoyance obsèques qui rend difficile cette implication. Lorsque le défunt a voulu tout trop bien régler de son vivant. Même si cela partait d’une démarche totalement altruiste : « je veux épargner cette peine à mes enfants », le résultat va à l’encontre du résultat voulu, pour des endeuillés récents qui ont besoin de donner, de leur temps et de leur implication en tout cas, éventuellement de leur argent, tant il est vrai que l’argent peut être le symbole de l’affection.
Cette petite exploration de « la mort d’un parent » vue du côté du professionnel du funéraire nous montre que les obsèques peuvent revêtir un impact psychologique vraiment très différent selon les circonstances de la mort. Entre les morts attendues, les morts aboutissement, les morts rapides, les mort lentes, l’attitude des enfants va varier entre la douleur, la nostalgie, le soulagement, la culpabilité, la presque indifférence parfois… Et encore, nous n’avons pas abordé les différences d’approches culturelles ou religieuses dont l’impact devient de plus en plus important au fur et à mesure que la société française devient multiculturelle. N’oublions pas que la France est le pays européen de plus grande diversité religieuse. L’attitude d’un bouddhiste vis-à-vis de la mort de ses parents va être fondamentalement différente de celle d’un juif, d’un protestant ou d’un animiste africain.
En général, à l’heure actuelle, la mort d’un parent se produit de plus en plus tard, souvent après une phase de dissolution des liens sociaux, et touchant des enfants eux-mêmes entrés dans la vieillesse et ayant perdu une part de leur sensibilité. De plus en plus fréquemment, le décès d’un parent n’est plus cet événement majeur dans la vie d’un homme ou d’une femme. En contrepartie, lorsque cette mort survient plus tôt, d’une cause soudaine et imprévue, le traumatisme est d’autant plus fort que les personnes ne sont plus préparées à affronter un décès dans le contexte d’une mort encore largement taboue et bien peu abordée dans notre société contemporaine. Il faut alors se donner toutes les chances de pouvoir apprivoiser au mieux cette séparation, avec des gestes qui font sens et en se donnant l’occasion de dire ce qui doit être dit et de faire ce qui doit être fait.
Dans un contexte où l’on ne sait précisément plus « ce qu’il faut faire », avec la perte des repères de la tradition culturelle et religieuse, le conseiller funéraire a un rôle important à jouer ; son humanité et son professionnalisme sont essentiels. D’un rôle traditionnel de garant des convenances et des rites établis – la « pompe » funèbre dans le plein sens du terme – le conseiller funéraire doit passer à un rôle d’accompagnement dans la singularité de chacun. C’est un challenge tout à fait nouveau pour lui que d’avoir à assister ainsi des familles qui ne sont plus accompagnées comme par le passé par le corps social. C’est aussi une tâche passionnante.
Paroles: Michèle Senlis & Daniel Guichard. Musique: Jean Ferrat 1974
© Alleluia
juillet 28th, 2008
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«Nous voilà comme impliqués dans une solidarité active et résolue d’où émerge ce sentiment d’une responsabilité partagée, les uns vis à vis des autres.» Jonathan Mann
© Services Funéraires – Ville de Paris : une SEM en concurrence
Le marché funéraire parisien est extrêmement concurrentiel, avec 130 points de vente de concurrents comme des multinationales, des réseaux et des petites PME.
Partant de zéro il y a 9 ans, et sans aucune subvention, la SEM a créé 13 agences d’accueil des familles. Aujourd’hui, à l’aube de fêter leur 10ème anniversaire, les Services Funéraires – Ville de Paris détiennent près de 20 % des parts du marché parisien.
© Offrir aux familles une alternative de service public
Alors qu’il n’y a pas de carence de l’initiative privée – bien au contraire – le rôle assigné à la SEM par la Ville de Paris est d’être un régulateur de la profession avec 4 objectifs :
Ø peser sur les prix : dans un marché où l’indice des prix augmente 2 fois et demie plus vite que l’inflation,
Ø offrir un service fiable et de qualité à un moment où toute erreur est irréparable,
Ø garantir une éthique dans un marché très particulier où les familles sont particulièrement vulnérables,
Ø aider la collectivité à anticiper les évolutions sociétales, dans un contexte de véritable révolution invisible dans ce domaine.
© Un contexte de révolution dans le domaine funéraire
Même si cette révolution est peu médiatisée avec le tabou de la mort dans notre société, celle-ci est réelle et se traduit par des évolutions spectaculaires :
Ø Mutation profonde de la relation à la mort avec l’allongement de la durée de la vie et les modifications des causes de la mort (longues maladies, dégénérescence).
Ø Perte de religiosité : il n’y a plus que 15 % de pratiquants en France et les 85% autres ne se reconnaissent pas dans les rites traditionnels.
Ø Mais émergence de nouvelles religions (évangélistes, musulmans, hindouistes, bouddhistes, etc.).
Ø 50 % des convois funéraires qui ne passent plus par un lieu de culte, à Paris, et donc l’urgente nécessité de créer d’autres lieux de cérémonies civiles ou religieuses.
Ø Enfin rappelons les 40 % de taux de crémation dans la capitale qui nécessitent assurément de nouveaux rites, repères et gestes à mettre en place et à faire entrer dans les habitudes.
© Un investissement clair des SFVP dans le volet social du progrès soutenable
On évoque généralement beaucoup plus les deux autres volets du développement durable : l’environnemental et l’économique.
Mais le volet social (et sociétal) est tout aussi important pour laisser aux générations futures une société « vivable » qui limitera l’exclusion et où pourront cohabiter des populations avec des repères communs qui doivent être trouvés malgré la diversité que les bouleversements de la mondialisation vont et commencent à entraîner. C’est la spécificité de notre SEM que de travailler dans ce domaine.
© Une écoute approfondie et performante des usagers
Pour notre SEM, la première étape est une écoute forte des familles en deuil.
Ø Questionnaires Qualités envoyés à chaque famille pour mesurer poste par poste leur satisfaction (du travail du Conseiller Funéraire aux prestations demandées), soit 3 000 questionnaires qualité/an avec un taux de réponse exceptionnel de 35%.
Ø Études qualitatives, réalisées par un psychologue auprès de nos familles, sur la façon dont ils ont vécu les obsèques.
Ø Études de nos agences et de celles de nos concurrents par des clients mystères.
Ø Dialogue et écoute des associations, des familles, des cultes.
Ø Participation à des groupes de travail au niveau parisien, national et européen.
© Intégration des rites des différentes communautés et cultures
Les Services Funéraires – Ville de Paris doivent être capables de proposer des cérémonies funéraires qui ont du sens pour des personnes d’origine très diverses et dont les croyances peuvent être extraordinairement éloignées. Il ne nous appartient pas de juger et d’imposer mais d’aider au contraire chacun à accomplir des rites qui lui sont spécifiques. C’est ce nous appelons le concept de laïcité ouverte. Pour ce faire, nous avons formé nos personnels, nommé des conseillers funéraires référents pour chacune des grandes familles de croyance et collaborons avec des associations.
L’exemple des carrés musulmans au cimetière de Thiais illustre comment ce qui peut apparaître au premier abord comme une ghettoïsation (les carrés confessionnels) est au contraire un formidable facteur d’intégration : les carrés musulmans récents commencent à ressembler à nos cimetières (on voit même des musulmans fleurir, les tombes à la Toussaint !) alors que l’alternative serait un rapatriement dans le pays d’origine.
© La dignité pour tous
La SEM, en gérant les dispositifs sociaux mis en place au travers de sa délégation de service public participe à lutter contre l’exclusion à un moment où la dignité doit primer, il en va du maintien de la civilisation, rappelons-nous le mythe d’Antigone.
Ø La Ville de Paris a défini avec nous les conditions de prise en charge des frais d’obsèques des personnes dépourvues de ressources suffisantes de manière qu’aucune personne ne puisse laisser partir un proche sans rites faute de moyens financiers.
Ø Mais est également traité le problème des personnes non accompagnées par leur famille ou des proches : près de 300 personnes par an à Paris. Elles sont accompagnées dans le « carré de la Fraternité » du Cimetière de Thiais par les membres d’une association et un dernier hommage individuel leur est consacré.
© Les nouvelles pratiques funéraires
Permettre à tous d’accomplir un geste d’humanité dans ces moments si graves est un impératif de la société. Notre SEM s’est engagée dans de vastes chantiers sur des sujets délicats et sensibles.
Ø L’accompagnement de la crémation. Le crématorium du Père Lachaise, que la SEM a repris en gestion en juin 98, a fait l’objet d’une rénovation totale avec la création de nouvelles salles dédiées aux cérémonies.La SEM a créé un crématorium à Champigny-sur-Marne, inauguré en mars de cette même année. La construction de ce bâtiment a bénéficié de l’expérience et du savoir-faire de la SEM : salles de cérémonie modulable en fonction de l’assistance, salle de convivialité, pour réinvestir la vie…
Ø Les cérémonies civilesLa SEM a mis en place un cérémonial civil au crématorium, indispensable lorsqu’il n’y a pas eu de passage dans un lieu de culte. La cérémonie s’organise autour de 3 temps : faire le lien entre le défunt et l’assistance, initier la phase d’acceptation du décès et dire au revoir au défunt.
Ø La Mort périnataleL’affaire de l’hôpital Saint-Vincent de Paul montre comment il est important pour une collectivité de traiter en anticipation ce type de sujet avant que ce ne soient les circonstances qui ne forcent à agir dans l’urgence. Le rôle de veille sociétale est bien indispensable.
© La prévention des risques
La canicule de 2003 : avec près de 1 000 morts en 3 jours à Paris au mois d’août 2003 a montré que la prévention des risques, y compris dans le domaine funéraire est une obligation sociale.
Les Services Funéraires – Ville de Paris sont actifs dans l’élaboration des plans de secours au niveau parisien, régional et national. Notre participation à la plateforme « PandEmiqueS » nous permet également de travailler à l’anticipation éthique et organisationnelle de ce véritable défi démocratique que pourrait être une pandémie grippale.
© Une cohérence interne
Même si c’est le volet sociétal qui a été développé ici, les Services Funéraires – Ville de Paris sont cohérents dans leur démarche avec un souci constant des autres aspect du développement durable. La SEM a reçu la certification ISO 90001 pour l’organisation des obsèques, le label égalité Femme/Homme et le 1er volet de la norme ISO 14001 avec la CCIP, pour valoriser notre engagement environnemental.
Nous avons souhaité être pionner en matière de pureté de l’air en mettant en place un dispositif de filtration sur les appareils de crémation du Père Lachaise qui sera une première en Europe. Enfin, nous pouvons signaler que le nouveau crématorium de Champigny a été construit selon les critères des normes HQE.
© Un projet ambitieux pour la Ville : la création d’un complexe funéraire
Pour compléter cette démarche globale, il serait sans doute souhaitable pour la Ville de Paris de créer un complexe funéraire réunissant tout à la fois une chambre funéraire, des lieux de veillée et des lieux de cérémonie pour les différentes religions. Un établissement œcuménique, un véritable territoire de fraternité. La SEM pourrait mettre, ici aussi, toute son expérience au service des parisiens et au service de la Ville pour créer un lieu unique.
juin 22nd, 2007
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